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ERIC
CARR

Paul Charles Caravello est né le 12 juillet 1950 à
Brooklyn, New York (USA), de parents d’origine sicilienne. Il a deux sœurs,
Loretta et Sissy, plus jeunes que lui. Il a grandi à Brownsville, un quartier de
la classe moyenne de New York. A l’age de 13
ans, les Beatles vont bouleverser sa vie. Ringo starr va devenir son
idole. En 1964, « Eric » étudie le dessin et la photographie au
Lycée de Manhattan. Cet intérêt pour le dessin va se vérifier plus tard
lors de la création de ses personnages de « Rockheads ». Le
soutien constant de sa famille a été primordial dans sa réussite. Un jour,
en guise de récompense pour un travail, son père va lui offrir une
batterie de marque « Ludwig » (à qui il restera fidèle durant
toute sa carrière). C’est le déclic ! Il va alors passer tout son
temps libre à s’entraîner afin de se perfectionner. En 1965,
« Eric » va fonder son propre groupe « The Cellarmen »
avec qui il va faire son apprentissage dans le milieu musical. Entré dans
la vie active, il va exercer divers petits boulots pour assurer le
quotidien tout en gardant l’espoir de percer dans la musique. Au début des
années 1970, « Eric » est dans un groupe appelé « Salt and
Pepper ». Il joue essentiellement des tubes de l’époque. Cette
période va lui
permettre d’aborder tous styles de musique. « Salt and Pepper » changera de nom par la
suite pour « Creation ». La bande va se produire dans de nombreuses discothèques. Un
événement dramatique va sortir le groupe de l’anonymat. En effet, un incendie se déclare
pendant un spectacle et va faire 22 victimes. Deux membres
de l’orchestre vont périr dans les flammes. « Eric », miraculé, sera fêté comme un héros
après avoir sauvé plusieurs personnes. Mais cette tragédie va changer son état d’esprit. Lassé
de jouer des reprises du Top 40, il
commence à douter de pouvoir vivre un jour de la musique. « J’étais probablement le
seul batteur de boite de nuit à porter les cheveux longs, une moustache
et des lunettes à la John Lennon ». Après dix ans de bons et loyaux services,
il décide en 1979 de tenter sa chance dans
un groupe Rock nommé « Flasher ».
Quelques
mois plus tard sans réel changement, il est informé par le clavier que KISS est
à la recherche d’un batteur après le départ de Peter Criss. « Eric »,
n’ayant rien à perdre, répond à l’annonce en envoyant une lettre de couleur
orange fluo. Repérée par une secrétaire, la lettre atterrit sur le bureau de
Bill Aucoin, alors manager de KISS, qui prend connaissance du Curriculum vitae
de l’intéressé : « batteur sachant aussi jouer de la guitare, de la
basse, des claviers et de l’harmonica. Mon jeu de batterie s’adapte à tous les
styles. Je peux jouer du Rock, du plus Hard au plus Pop. Mes influences sont
John Bonham, Keith Moon, Ringo Starr. » Convoqué le lendemain, c'est-à-dire
le 19 juin 1980, Bill Aucoin, lui dit : “ Rase ta
moustache ! Sais-tu chanter ?”. Ayant réussi l’entretien,
« Eric » est prié de se présenter le 23 juin en connaissant les
parties de batterie de cinq chansons afin de passer l’audition avec Paul
Stanley, Gene Simmons et Ace Frehley. Il s’agit de « Black diamond »,
« Firehouse », « Strutter », « Is that you ?” et
“Detroit rock city”. Malgré son appréhension, « Eric » va
réussir une excellente audition. Avant de les quitter, il va leur demander des
autographes au cas où il ne les reverrait plus. Le 1er juillet 1980,
il est choisi parmi des centaines de prétendant pour être le nouveau batteur de
KISS. Le groupe voulant un inconnu pour perpétuer le mystère. Paul Stanley lui
trouve un nom de scène : Eric Carr parce que çà sonne bien. Au départ,
« Eric » voulait « Rusty Blade » mais le groupe ne l’a pas
retenu. Finalement, il s’en est servi comme pseudo en tournée. Sur une idée de
Paul Stanley et Bill Aucoin, un maquillage et un costume de faucon ont été
conçus. Malheureusement, le résultat n’est pas satisfaisant. « Eric »
imagine alors son personnage de Renard en créant le maquillage et son habit de
scène. Le 22 juillet, après trois semaines de répétition, Eric Carr commence la
tournée avec KISS. Il s’y intègre de façon naturelle en apportant sa patte
résolument Rock. S’investissant à 100 % humainement et professionnellement
durant plus de dix ans.
A
une journaliste lui demandant ses impressions, il déclare : « je
vis un rêve éveillé, je souhaite à tout le monde de vivre un bonheur comme le
mien ! »En Février 1991, après avoir fini la tournée « Hot in
the Shade », « Eric » tombe malade. Souffrant de fièvre et de
toux, il pense avoir la grippe. Comme son état s’aggrave, craignant avoir
contracté la pneumonie, il consulte un médecin pour passer une radio des
poumons. Finalement renvoyé vers un cardiologue, celui-ci constate la présence
d’une tumeur au niveau du cœur. Le groupe, ayant commencé l’enregistrement du
nouvel album à Los Angeles, veut qu’ « Eric » soit transféré dans
un hôpital de LA pour veiller sur lui. Lui préfère rester à New York afin d’être
opéré à cœur ouvert par un chirurgien renommé. Trop juste pour assurer la
batterie sur le LP, KISS fait appel à Eric Singer pour le remplacer. Frustré de
ne pas avoir pu jouer sur le disque, Eric Carr, en pleine convalescence,
chantera une partie des vocaux du hit « God gave Rock’n’Roll to you
II » en avril 1991. Ironie du sort, il faudra attendre sa maladie pour
entendre sa voix sur une chanson studio de KISS digne de ce nom.
Début juin 1991, alors qu’il pensait être sorti d’affaire,
« Eric » apprend que le cancer s’est propagé aux poumons. Il doit
suivre des séances de chimiothérapie. Après six semaines de traitement, il a
retrouvé des forces et participe au tournage du clip de « God gave
Rock’n’Roll to you II » fin juillet. Il est même fier de prouver à tout le
monde qu’il est de retour. En Septembre, deux jours après avoir assisté aux MTV
Awards, « Eric » est victime d’une hémorragie cérébrale. Il tombe dans
le coma quelques jours plus tard. Interrogé Gene Simmons déclare :
« nous prions pour que sa santé s’améliore ». Après des jours de
lutte, une deuxième hémorragie cérébrale a raison de lui le dimanche 24 novembre
1991. Au même moment, Freddie Mercury, chanteur de Queen, meurt du
SIDA.
Ce décès va éclipser la disparition de notre batteur
préféré. Peu de médias vont lui consacrer la une. Paul Stanley revient sur la
mort d’Eric : « Je pense que tout le monde peut comprendre, sans
entrer dans les détails, que ce fut un choc énorme et une incroyable
perte. »Eric Carr a été enterré à New York le 30 novembre 1991.
Depuis, les fans ne l’ont pas oublié. Ils ont gardé en mémoire le souvenir d’un
homme talentueux, sympathique, plein d’humour, proche des fans, qui s’est
toujours donné à fond pour le groupe. Son ami Bruce Kulick a sorti en 2000 un
album posthume comprenant des titres qu’ « Eric » avait composé
en vue d’un prochain album solo dont les magnifiques « Somebody’s
waiting » et « Can you feel it ». La preuve qu’il avait une belle
voix et qu’il était capable de faire de belles chansons.
Laurent
VERNE.
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